Mutazilisme

because Asharites are too mainstream…

Auteur : Mutakallima (Page 1 sur 4)

Les usages de la raison en islam

Telle qu’elle a été pensée dans le cadre du désenchantement du monde, la raison est à un concept à prendre avec des pincettes car elle participe d’une vision positiviste du fait religieux, inefficace pour toute personne désirant nourrir sa dimension spirituelle.

Mais l’histoire de l’islam nous offre bien des trésors pour comprendre la manière dont le Coran et les rationalistes musulmans (dont les mutazilites) ont abordé la notion de raison : à travers le concept de ‘aql. Il s’agit de faire la part des choses entre une raison positiviste asséchant la spiritualité et une raison intuitive participant à la connaissance spirituelle, que l’on pourrait qualifier de « rationalité mystique ». Cet article fait suite à ce qui a déjà été traité précédemment ici.

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Est-ce un mal que de vouloir séculariser l’islam ?

Dans « Réformer l’islam ou le brader », Sofiane Meziani affirme que la modernité aurait anéanti « l’invisible » et que « seul subsiste l’aspect « physique » de l’existence humaine, la dimension métaphysique ayant été balayée de la conscience humaine ». Il poursuit ainsi :

« Faire le jeu de la laïcité, et de la modernité de manière générale, revient à contribuer au démantèlement de la conscience religieuse, car la modernité consiste justement en une neutralisation de la transcendance au profit de l’immanence ; c’est, plus clairement, l’abolition du sacré au bénéfice du profane. »

Si je suis effectivement d’accord avec le constat que nous vivons dans des sociétés très matérialistes qui n’ouvrent aucun espace (ou très peu) pour que les individus développent leur dimension spirituelle, il ne s’agit pas non plus de rejeter l’immanence, la matière et le visible, au sein desquels on peut tirer des avantages spirituels à condition d’en faire bon usage.

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La vieille rengaine du monstre difforme de la « modernité occidentale »

Dans Saphirnews, plusieurs articles de Sofiane Meziani sont récemment parus, suivis d’une réponse d’Omero Marongiu-Perria. Le 17 octobre dernier, Sofiane Meziani a lui aussi usé de son droit de réponse. Il s’agit ici de nous pencher sur un article écrit par ce dernier le 22 septembre et intitulé « L’islam, la déconstruction et le redressement de l’Occident ».

Le postulat de départ de Sofiane Meziani est le suivant : la modernité ne serait qu’une entreprise de désenchantement du monde, de sécularisation et de désacralisation qui mènerait à sa perte l’islam.

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Présentation de notre identité visuelle

Nous sommes heureux de vous présenter notre nouvelle identité visuelle. Le dessin que vous pouvez voir sur notre logo est inspiré de la calligraphie koufique (caractérisée par sa forme très carrée). Il s’agit du plus ancien style calligraphique développé à Kufa en Irak. Ses formes géométriques rappellent notre attachement à la raison et au discernement pour faire nos choix spirituels.

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Participation Colloque international (EHESS, Paris, 29 septembre 2017)

Nous sommes heureux de participer, en tant qu’association, au colloque international : « Les réformistes musulmans et leur rayonnement dans l’espace francophone : débats acteurs / observateurs » – EHESS (Paris), 29-30/09/2017.

Notre intervention portera le 29 septembre sur « La réémergence d’un discours mutazilite contemporain ».

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Qu’est-ce que pratiquer l’islam ?

On a souvent l’habitude de classer les croyant(e)s en deux catégories : « pratiquant(e)s ou non pratiquant(e)s ». Mais qu’est-ce que cela signifie réellement ? Qu’est-ce qu’une pratique spirituelle ? Toute pratique spirituelle est-elle un rite ? Que sont les rites en islam et recouvrent-ils toutes les pratiques spirituelles que proposent le Coran et la Sunna ?

Parlons d’abord des rites, qui ne sont pour moi qu’une forme parmi d’autres de pratique spirituelle. Le rite a des vertus et peut provoquer certains états spirituels mais il peut aussi faire référence au « ritualisme » et évoquer une conduite mécanique, stéréotypée dont le sens a été oublié.

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Abdennour Bidar, « Dieu et les mondes »

Abdennour Bidar, « Dieu et les mondes » dans La civilisation arabo-musulmane au miroir de l’universel : perspectives philosophiques, Paris, UNESCO, 2010, p. 113-120 (reproduction intégrale avec l’accord de l’auteur, aperçu du livre ici)

Le Dieu de Mohammed est d’abord une voix ordonnant à son envoyé de parler en son nom, de lire et de dire la parole divine : « Qoul ! », « Dis ! », « Dis : Je cherche la protection du seigneur des hommes (rabbi nnâs), roi des hommes (maliki nnâs), Dieu des hommes (ilâhi nnâss), contre le mal du tentateur » (CXIV, 1-4). Si le Coran parle de Dieu, de sa transcendance, de ses puissances, de sa miséricorde, il le fait comme si c’était Dieu même qui s’exprimait au sujet de lui-même.

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Essai sur le verset de l’abrogation

J’ai précisé dans une précédente chronique les critères que je m’imposais pour analyser un verset et savoir si ce dernier pouvait avoir une place dans ma vie spirituelle. J’aimerais appliquer cette méthode à un verset très connu, qui fait polémique, celui de l’abrogeant/abrogé dont voici la traduction la plus habituelle qui pour moi est erronée :

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Ramadan et Coran (4/4)

J’aimerais proposer ici ma propre méthode de lecture du Coran qui a bien entendu ses limites et n’aspire pas du tout à être la meilleure, ni à être originale puisque je m’inspire de nombreux travaux déjà effectués sur les lectures du Coran. Il s’agit simplement de la présentation d’un itinéraire personnel au sein du Coran.

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Ramadan et Coran (3/4)

Ma chronique précédente parlait de la nécessité de contextualiser le Coran pour éviter de lui faire dire des choses qu’il ne dit pas car il ne s’adressait pas à nous. On pourrait penser que je vis une foi déiste puisque je refuse d’imiter à la lettre un texte du passé et que pour moi il n’y aurait aucun génie dans le texte coranique. Je comprends que l’on puisse penser cela mais c’est pourtant faux. Je suis mutazilite donc j’estime que ma raison et mon cœur sont les juges ultimes dans ma pratique spirituelle et non le texte, ce qui ne veut pas dire que je le rejette mais que je cherche à le relativiser : tout ne se vaut pas dans le Coran, tout n’est pas de même nature.

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