Mutazilisme

because Asharites are too mainstream…

Auteur : Mutakallima (Page 1 sur 3)

Abdennour Bidar

Abdennour Bidar, « Dieu et les mondes » dans La civilisation arabo-musulmane au miroir de l’universel : perspectives philosophiques, Paris, UNESCO, 2010, p. 113-120 (reproduction intégrale avec l’accord de l’auteur, aperçu du livre ici)

Le Dieu de Mohammed est d’abord une voix ordonnant à son envoyé de parler en son nom, de lire et de dire la parole divine : « Qoul ! », « Dis ! », « Dis : Je cherche la protection du seigneur des hommes (rabbi nnâs), roi des hommes (maliki nnâs), Dieu des hommes (ilâhi nnâss), contre le mal du tentateur » (CXIV, 1-4). Si le Coran parle de Dieu, de sa transcendance, de ses puissances, de sa miséricorde, il le fait comme si c’était Dieu même qui s’exprimait au sujet de lui-même.

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Essai sur le verset de l’abrogation

J’ai précisé dans une précédente chronique les critères que je m’imposais pour analyser un verset et savoir si ce dernier pouvait avoir une place dans ma vie spirituelle. J’aimerais appliquer cette méthode à un verset très connu, qui fait polémique, celui de l’abrogeant/abrogé dont voici la traduction la plus habituelle qui pour moi est erronée :

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Ramadan et Coran (4/4)

J’aimerais proposer ici ma propre méthode de lecture du Coran qui a bien entendu ses limites et n’aspire pas du tout à être la meilleure, ni à être originale puisque je m’inspire de nombreux travaux déjà effectués sur les lectures du Coran. Il s’agit simplement de la présentation d’un itinéraire personnel au sein du Coran.

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Ramadan et Coran (3/4)

Ma chronique précédente parlait de la nécessité de contextualiser le Coran pour éviter de lui faire dire des choses qu’il ne dit pas car il ne s’adressait pas à nous. On pourrait penser que je vis une foi déiste puisque je refuse d’imiter à la lettre un texte du passé et que pour moi il n’y aurait aucun génie dans le texte coranique. Je comprends que l’on puisse penser cela mais c’est pourtant faux. Je suis mutazilite donc j’estime que ma raison et mon cœur sont les juges ultimes dans ma pratique spirituelle et non le texte, ce qui ne veut pas dire que je le rejette mais que je cherche à le relativiser : tout ne se vaut pas dans le Coran, tout n’est pas de même nature.

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Ramadan et Coran (2/4)

D’un point de vue personnel et spirituel, ce que j’apprécie le plus dans le mois de Ramadan, c’est justement la lecture du Coran. Elle me permet de méditer profondément, de provoquer des états spirituels particulièrement vivifiant et créatifs mais aussi de réfléchir au statut du Coran en islam. On dit souvent que le jeûne du Ramadan est un pilier. Or, ne l’oublions pas, les cinq piliers de l’islam dont fait partie le jeûne selon la tradition ne sont devenus piliers que parce qu’un hadith les a déclarés piliers. Ces derniers sont bien présents dans le Coran, mais regroupés autrement et souvent avec d’autres éléments supplémentaires, notamment des vertus et valeurs comme la patience (sabr), les actions intègres (salihât) ou encore la foi (imân).

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Ramadan et Coran (1/4)

Chers amis, chères amies. L’heure est grave, il faut agir. Comme beaucoup d’entre vous sans doute, je suis atterrée, dévastée et terriblement préoccupée de voir encore et toujours des meurtres commis au nom de Dieu et du Coran. Depuis au moins 2015, le mois de Ramadan est instrumentalisé par les jihadistes pour multiplier leurs attaques. C’est pourquoi il me semble nécessaire, en plus d’en faire un moment spirituel fort, de faire de ce mois sacré un moment privilégié pour mettre les choses au clair et tenter d’engager un travail critique pour refonder une méthode de lecture du Coran qui pourrait empêcher qu’il soit instrumentalisé, décontextualisé et jugé intouchable afin de commettre des abominations.

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Muhammad a des révélations à faire #2

Du danger de jeter le bébé avec l’eau du bain…

Contrairement à ce que semblent penser certaines personnes peu fréquentables, nombreuses sont les réactions parmi les musulman(e)s à chaque fois qu’un attentat est perpétré par la barbarie islamiste. Elles sont souvent douloureuses, gorgées de tristesse et de haine. Et c’est bien normal ! Je comprends et ressens moi aussi toute cette rage et cette tristesse !

N’importe quel humaniste ne peut qu’être indigné devant autant de monstruosités commises contre des enfants, des adolescents, des vieillards, des homosexuels, des hétérosexuels, des chrétiens, des juifs, des musulmans, des bouddhistes, des hindouistes, des femmes, des hommes, etc. Toutes ces vies sont égales et sacrées, il n’y a pas à hiérarchiser et à s’indigner plus ou moins de leur disparition en fonction de leur appartenance.

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Makram Abbès

Makram Abbès, « L’adab et la formation de l’homme » dans La civilisation arabo-musulmane au miroir de l’universel : perspectives philosophiques, Paris, UNESCO, 2010, p. 29-40 (article reproduit partiellement, aperçu du livre ici)

« Le terme « adab » est polysémique. Il désigne aussi bien l’éducation que l’instruction, aussi bien les belles lettres que la sagesse, voire même la civilité, le savoir-faire. L’ensemble de ces désignations sont orientées vers l’idée de la formation de l’honnête homme, à la manière du modèle qui prévaut en Europe durant la renaissance. Il s’agit d’activer en l’homme, par l’étude des lettres, la bonhomie. Le savoir au sens strict reste conditionné par l’apprentissage du savoir vivre et du savoir faire. (…)

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Abdennour Bidar

Abdennour Bidar, « Quels usages de la raison pour la connaissance et la conduite spirituelles ? » dans La civilisation arabo-musulmane au miroir de l’universel : perspectives philosophiques, Paris, UNESCO, 2010, p. 221-228 (reproduction intégrale avec l’accord de l’auteur, aperçu du livre ici)

L’appel à la réflexion est un des thèmes les plus récurrents du texte sacré des musulmans. Sans relâche, il attribue à Dieu un discours qui oblige l’homme à réfléchir sur ses « signes ». L’univers entier est ainsi décrit comme un univers de signes, un livre de méditation sur le mystère de l’apparition même de l’être. Chaque verset est un signe de Dieu, autrement dit une invitation à réfléchir. En exhortant l’homme à se placer face à la nature, et face à sa propre nature, le Coran enjoint l’homme non pas à croire en un hypothétique au-delà – sur lequel notre raison est impuissante à dire quoi que ce soit – mais à construire des interprétations scientifiques du réel.

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