Mutazilisme

Association pour la renaissance de l'islam mutazilite (ARIM)

Catégorie : Études libres (Page 1 sur 4)

Hommage aux Dupont et Dupond de la recherche

Le vendredi 1er février, deux « chercheurs » du CNRS, Sylvie Taussig et Karim Ifrak, ont cru bon de publier un article sur les deux projets de mosquées dites progressistes, libérales, ou inclusives, actuellement à l’étude dans la région parisienne.

Lire la suite

Les fondements du fiqh hanafite

Nous nous sommes aperçu que nous n’avions pas présenter ce qui constitue le fondement de notre approche hanafite-mutazilite comme voie de réalisation de notre islam. Avec ce présent document, nous espérons que ce manque sera comblé.

Lire la suite

Mais au fait, qui était vraiment Mahomet ? d’Ismaël Saidi et Michaël Privot

D’aucun pourrait penser qu’avec Mais au fait, qui était vraiment Mahomet ? d’Ismaël Saidi et Michaël Privot, une énième biographie sur Mahomet, le prophète de l’islam, viendrait d’être publiée (aux éditions Flammarion). Or il n’en n’est rien, car ce livre, outre l’érudition qu’on y trouve en termes d’informations sur la vie de l’initiateur de cette religion, n’hésite pas à aborder tous les aspects de ce personnage que les musulmans ont appris à (trop) idéaliser, alors que lui-même, ainsi que la révélation coranique, n’ont cessé de rappeler sa condition d’homme parmi les hommes. Ce livre entretien, présente sous une forme ludique, celui d’un échange entre un artiste musulman (Ismaël Saidi) et un islamologue lui aussi musulman (Michaël Privot), les aspérités d’une figure de l’histoire universelle qui n’a jamais cessé de rappeler qu’il n’était pas parfait. Ce livre aide à apporter un éclairage salutaire sur la question.

Une sīra “Confessante-Critique“

C’est l’histoire de deux amis, l’un artiste, né et grandit dans une famille musulmane ; l’autre, universitaire, né dans une famille non-musulmane, mais s’étant converti à cette religion et l’ayant étudié sous toutes ses coutures. Deux amis ayant pour point commun leur confession et leur nationalité, Belge. Dans une série d’entretiens qui ont lieu en différents endroits et en différentes occasions, l’artiste interroge l’islamologue sur la vie du Prophète (sīra, en arabe). Son origine, sa naissance, sa vie d’avant l’islam, et celle d’après. Les grands traits de la vie de Mahomet y sont examinés. Certaines idées reçues, bonnes ou mauvaises, y sont questionnées : le Prophète était-il analphabète (ummyy) ? Avant la révélation, était-il réellement un ḥanīf (monothéiste ni juif ni chrétien) ? Et puis si ḥanīf voulait dire ébionite à savoir, justement être un croyant judéo-chrétien ? La question du rapport aux femmes, aux juifs, les épisodes de guerres, de paix, relation avec les autres…toutes les questions ou presque y sont traitées.

Ce livre nous apprend la sīra du Prophète, mais il le fait en se maintenant sur une ligne de crête compliquée. Ainsi, il allie une démarche historico-anthropologique, et approche confessante à la fois. Autrement dit, c’est un livre qui est loin de l’apologétique glorifiante du Prophète dans les livres de type “confessants“, donc d’ouvrages écrits par des croyants. On est beaucoup plus près de l’approche historico-anthropologique, qui prend en compte les données historiques, mais aussi les mœurs et les usages des arabes de la région à l’époque (et dont certains us et coutumes se sont maintenus jusqu’à tout récemment), tout en assumant une parole de croyants. En somme, ce livre est à ranger dans une catégorie particulière de livres, que l’on pourrait dénommer, confessante-critique. Une approche de type « double C » ou C2. Or cette catégorie d’ouvrages est plutôt sélective et commence à peine à se développer. On pourrait y mettre les livres de Mohamed Bajrafil, Mahmud Hussein, Omero Marongiu-Perria, Tareq Oubrou et quelques autres.

Une biographie en contre-discours

Très actif dans le contre-discours, et la sensibilisation sur le fait islamique envers les jeunes musulmans, Ismaël Saidi pose des questions simples, reprend des interrogations de ses amis et des « on dit » sur le Prophète. Des questions que non seulement les jeunes, mais aussi des moins jeunes musulmans, et des non-musulmans  se posent. Ismaël Saidi a écrit et joue une pièce à succès Djihad, à l’adresse des jeunes musulmans pour les sensibiliser au problème de la radicalisation violente (à laquelle il faut rajouter les pièces Géhenne et Les aventures d’un musulman d’ici). En outre, en collaboration avec un autre islamologue de renom, Rachid Benzine, il a écrit toujours à l’adresse des jeunes, Finalement, y a quoi dans le Coran ?. Les questions reprennent souvent des thèmes qui sont souvent mobilisés à des fins pas toujours honnêtes. Les auteurs en sont conscients, c’est pourquoi ils prennent en charge ces questions (rapport à la violence, aux femmes, l’âge de Aïcha lors de son mariage avec la Prophète –où l’on voit qu’à son mariage, elle aurait eu entre 18 et 21 ans-, rapport avec les Juifs de Médine et la question sous-jacente de l’antisémitisme en islam basé sur le comportement supposé du Prophète suite à l’expulsion voire à l’exécution –réelle ?- de tribus juives de l’oasis). Au lieu de taire ces questions comme beaucoup de musulmans le font sous prétexte que le Prophète était parfait ; Ismaël Saidi et Michaël Privot « prennent le taureau par les cornes », et font face à ces questions parfois difficiles. Mais en replaçant la prophétie dans son contexte, ils n’ont aucun problème, grâce à leur approche complémentaire du croyant naïf (à ne pas confondre avec stupide), et du docte bienveillant (à ne pas confondre avec condescendant).

Très informatif, critique par son approche historico-anthropologique, le livre Mais au fait, qui était vraiment Mahomet ? est aussi un ouvrage écrit par des croyants. Ismaël Saidi et Michaël Privot assument leur spiritualité musulmane, ils finissent même par se poser la question, « Et Dieu dans tout ça ? ». Evidemment, nous n’allons pas révélé davantage, mais ce livre réussit la prouesse ô combien compliquée à miracle de rendre compte de la vie d’un homme qui va bouleversé le monde, en le reconnaissant comme porteur d’un message divin, tout en étant ce qu’il n’a cessé de prétendre être, c’est-à-dire un homme parmi les hommes de son temps, avec ses forces et ses faiblesses.

Livre à lire absolument pour se débarrasser de la pensée magique omniprésente dans les ouvrages musulmans et qui, sous prétexte de respect et d’amour, mentent aux croyants et les maintiennent en dehors de réflexions qui peuvent être profondes, condition de possibilité à toute vie spirituelle digne de ce nom.

 

Mais au fait, qui était vraiment Mahomet

 

Mais au fait, qui était vraiment Mahomet ? d’Ismaël Saidi et Michaël Privot Flammarion, 2018, 18€, 337 p.,

 

Mu’tazilisme : une histoire sociale à (re)faire

Le mu’tazilisme est considéré par beaucoup de spécialistes comme n’ayant été qu’une sorte d’école théologico-philosophique qui n’a touché que les élites. Ici, nous souhaitons déposer un addenda, et remarquer qu’au vu des éléments que nous possédons, cette restriction nous paraît, au mieux, excessive.

Lire la suite

Et l’Homme créa l’Intelligence artificielle…

Et Dieu créa l’Homme… Par la simple phrase « Sois, et il fut ! », Il le créa. À partir d’une argile brute, tel un sculpteur, Il le façonna, harmonisa et affina sa forme. Il lui insuffla ensuite Son Esprit (al-rûh). Qu’est-ce que ce souffle divin ? Et s’Il était ce qui nous permettrait d’échapper à notre créateur ? Si nous avions en nous cette graine divine qui nous offre une infinité de possibilités pour prendre notre autonomie ? Et si ce souffle était notre outil pour renouveler la face de la terre ?

Une fois cette création de l’Homme terminée, Dieu décida une chose totalement farfelue au premier abord : Il nomma Adam son héritier, c’est-à-dire son successeur sur terre (khalîfa) (Coran, II, 30-34). Il accepta que l’humanité se charge du dépôt confié (al-amâna) (Coran, XXXIII, 72). Les Anges mirent en garde Dieu en lui disant que l’Homme ne fera que répandre le sang et la corruption sur terre et qu’il sera incapable d’être digne de cette confiance. Et pourtant, Dieu continua et leur demanda de se soumettre à Sa décision en leur demandant de se prosterner devant Adam ; ce qu’ils firent, sauf Iblîs qui refusa de se prosterner devant un être aussi vil et aussi peu digne de confiance que l’Homme.

Lire la suite

Al-Jâhiz

Abû Uthmân Amr Ibn Bahr Ibn Mahbûb al-Kinâni al-Fuqaymî al-Basrî est plus connu sous le sobriquet de « al-Jâhiz » (l’exorbité), à cause d’une malformation de ses cornets, il avait les yeux particulièrement globuleux. Il naît à Basra dans le sud de l’Irak actuel vers 775/776 ap.-J.C., soit en 153 ou 155 de l’Hégire.

Lire la suite

Le mutazilisme au Maghreb / Partie 3. D’Ifriqiya à al-Andalus

Cet article fait suite à deux autres parties : cf. partie 1 et partie 2.

Le mutazilisme en Algérie, au Maroc et en Espagne

Qu’en est-il du mutazilisme en dehors de l’Ifriqiya aghlabide ? Le Maroc actuel doit son origine à Idris Ier (m. 791), un zaydite. Or, les zaydites sont aussi mutazilites. En effet, les cinq principes du zaydisme étant ceux du mutazilisme (unicité, justice, promesse et menace, demeure intermédiaire, commandement moral – cf. ici pour plus de détails). C’est sans doute ce qui explique que les Aghlabides et les Idrissides étaient alliés (avec des hauts et des bas, le partage d’une foi commune n’étant pas suffisante pour établir des alliances politiques).

Lire la suite

Le mutazilisme au Maghreb / Partie 2. La restauration sunnite

Cet article fait suite à une première partie que vous pouvez consulter ici. Dans la première partie, il a été question de l’établissement de l’État aghlabide et de l’établissement d’une première judicature mutazilite. Mais avec Muhammad Ier, les choses changent, et le sunnisme malikite prend de l’ampleur. Suite des événements… 

Muhammad Ier (841-856), favorise le malikisme suite à la tentative de son frère, Abû Ja’far Ahmad de lui prendre le pouvoir en 846. Après une série d’événements et un intermède d’un an, Muhammad Ier parvient à reprendre les rênes de l’État. Cela fut possible parce que Muhammad Ier avait reçu l’appui des malikites, des religieux mais aussi des masses. Contrairement à la politique d’équilibre de ses aïeux, Abû Ja’far se montra hostile au ahl al hadîth (partisans du hadith) et tenta d’importer la mihna (épreuve) en Ifriqiya contre le chef incontesté des sunnites maghrébins de l’époque, l’imam Sahnûn (776-854). Il s’attaqua aussi aux Banû Humayd, aristocrates malikites proches conseillers des émirs aghlabides.

Lire la suite

Le mutazilisme au Maghreb / Partie 1. L’Ifriqiya aghlabide

Le Maghreb (Occident arabo-musulman) présente actuellement un paysage religieux assez original par rapport au Machrek (Orient arabo-musulman). En effet, l’Orient, bien que majoritairement musulman sunnite, compte beaucoup de variétés, internes et externes. Par externes, j’entends les autres religions, christianisme, judaïsme voire d’autres. Mais mon intérêt dans cet article concerne la diversité interne. Par interne, j’entends la diversité dans l’islam.

Toutes les écoles juridico-rituelles (madhâhib / singulier madhhab) sont représentées avec des majorités variables entre les régions (entre hanafites, chafi’ites, malikites et hanbalites notamment via leur excroissance actuelle, qu’est le salafisme). Mais le Maghreb présente une incroyable homogénéité, en raison de la domination quasi exclusive du sunnisme malikite.

Lire la suite

Histoire du pluralisme théologique en islam de 632 à 750

Ceci est un compte-rendu détaillé du cercle de lecture organisé par l’ARIM le 13 mai 2017. Nous avons voulu nous concentrer pour ce premier atelier de réflexion sur la mise en valeur du pluralisme des courants théologiques de l’islam.

Nous nous concentrons ici sur la période des quatre premiers califes (632-661) puis sur la période des califes omeyyades (661-750).

Lire la suite

Page 1 sur 4

Copyright - 2016 & Tous droits réservés

3aad57cf00c86a701407ba0e9117524c222222222222222222222222222