Mutazilisme

Association pour la renaissance de l'islam mutazilite (ARIM)

Auteur : Faker Korchane (Page 1 sur 7)

Bonne année 1441

En ce début de mois de mouharram, l’équipe de mutazilisme.fr et de l’ARIM (Association pour la renaissance de l’islam mutazilite) vous souhaite à tou.te.s une heureuse année hégirienne 1441.

Retour sur les enseignements du ʿAïd al-aḍḥā

Lā ilāha illā Allah, Muḥammad rasūl Allah, Il n’y a de Dieu que Dieu, Muhammad messager de Dieu (D. R.)

Comme chaque année nous avons fêté dimanche 11 août dernier, l’ʿAïd al-aḍḥā « la fête du sacrifice ». Cette fête, est avec celle qui clôture le mois de jeûne de ramadan, l’ʿAïd al-fitr « la fête du ”manger” », l’une des fêtes majeures de l’islam. Comme chacun sait, les croyants sacrifient un mouton en mémoire de la geste d’Abraham telle que rapportée dans les récits biblique et coranique. Dans cette geste, Abraham était sur le point d’égorger son fils pour honorer Dieu. Mais un ange vint lui livrer un mouton pour le substituer au fils promis en holocauste. Ainsi, chaque année, un nombre important de musulmans commémore cet épisode de la prophétie, dont le principal enseignement pour la plupart d’entre eux, relève de l’obéissance absolue d’Abraham envers son Seigneur….Et pourtant, une relecture du récit coranique invite à une compréhension plus nuancée du texte, et donc, déduit une sagesse différente de celle généralement admise.

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L’art de savoir quand commence (et prend fin) le mois béni de ramadan

Photo : D.R.

La période du ramadan est toujours un moment quelque peu houleux au sein des musulmans de France. Les organisations officielles s’opposent généralement pour savoir quand le mois béni commence et quand il finit. Nouvelle dans le paysage islamique de France, la Mosquée Fatima se doit d’avoir son idée sur cette question  Il s’agit de connaître l’avis de la Mosquée Fatima, en tant qu’organisation musulmane, sur la méthode de fixation du début du noble mois de ramadan.

La mosquée Fatima est une organisation religieuse musulmane porteuse d’un discours reposant sur deux valeurs fondamentales : la rationalité et la spiritualité, qui sont au cœur du message coranique, et donc au cœur de l’islam. Même si elle est porteuse de recommandations et de pratiques, c’est la responsabilité des fidèles qui est la règle absolue. Autrement dit, tout acte doit trouver sa raison d’être dans la volonté libre de celui ou celle qui l’accomplit. En cela, la Mosquée Fatima peut être rattachée au courant religieux dit libéral.

Cela étant posé, se pose la question de savoir comment pensons-nous la question de la détermination du début du mois de ramadan. Pour ce faire, il faut commencer par revenir au texte fondateur, le Coran. Nous n’allons pas nous intéresser au jeûne en tant que tel dans cette réflexion, mais uniquement sur la détermination du mois de ramadan. Ainsi, au verset 185 de la sourate 2 (al-Baqara/la Vache, traduction de Jacques Berque légèrement modifiée par nos soins) :

« Le mois de ramadan est celui durant lequel a été descendu le Coran, en tant que guidance pour les hommes et que preuves ressortissant de la guidance et de la démarcation (entre le bien et le mal). Quiconque parmi vous sera témoin de la naissance de ce mois, le jeûnera. A qui serait malade, ou se trouverait en voyage, incombe un même nombre de jours pris ailleurs. Dieu n’exige de vous que l’aisé (yosr), Il n’exige pas de vous le malaisé (ʿosr).A vous de parfaire le nombre imparti, en glorifiant Dieu de Sa guidance…- peut-être Lui en aurez-vous gratitude ».

Ce passage coranique est fondamental, c’est celui qui consacre le mois de ramadan comme mois de jeûne. Donc, il faut jeûner pendant ce mois à partir du moment où l’on a constaté qu’il avait commencé. Les mois du calendrier hégirien sont lunaires. A la nouvelle lune (un croissant de lune naissant pour être précis) on déclare le mois commencé. La question épineuse est de savoir comment savoir que le nouveau mois commence. Jusque là, la méthode utilisée était celle de la vue (ru’ya).Il suffisait qu’une personne de confiance informe les autorités religieuses d’avoir aperçu le nouveau croissant pour que le mois soit déclaré « commencé. » En cas de mauvais temps, la visibilité n’est pas de mise. Alors, on reporte le début du mois au jour d’après. Car un mois lunaire n’excède pas 30 jours. C’est pourquoi, c’est au 29jour de shaʿbān que les religieux se réunissent pour observer la lune ou attendre qu’une personne de confiance l’ait fait.

La préférence méthodologique de la Mosquée Fatima

En ce qui nous concerne, nous estimons que cette manière de faire est aujourd’hui problématique. Car non seulement, nous avons les moyens de savoir à l’avance le cycle lunaire, et nous sommes capables de fixer les dates de début et de fin du mois de ramadan, et ce longtemps à l’avance et depuis longtemps. Or ne pas le faire, est source de « malaise » (ʿosr), ce que Dieu ne nous veut pas selon le verset cité plus haut. Au contraire, Dieu nous veut ce qui est aisé (yosr). Nombre de croyants ont des difficultés aujourd’hui pour s’organiser avec leurs employeurs quant à la date des fêtes islamiques (al-fitr, et al-Adḥā), l’usage veut que les employés puissent prendre leurs journées en accord avec leurs patrons en prévoyant à l’avance, de manière à ne pas mettre les entreprises en difficulté. C’est en somme une question de respect de deux principes islamiques éthiques fondamentaux : l’usage (ʿorf), et du savoir vivre (ādāb). Or, comment prévoir à l’avance si on ne peut être au courant que la veille ou l’avant-veille. Des gens aimeraient prendre une partie de leurs vacances durant cette période, mais doivent choisir des dates au « pifomètre », ce qui peut parfois provoquer de véritables frustrations spirituelles, comme lorsque vous vous êtes débrouillés pour reprendre votre activité le jour même de l’aïd al-fitr par exemple. Mais ce problème est envisageable avec les autres occasions de célébration religieuse (comme l’aïd al-Adḥā déjà évoqué, et à une moindre échelle, les jours de jeûnes de ʿAshūrā, du Mawlid…).

Or, le calcul astronomique permettrait de connaître à l’avance les dates de début et de fin du mois de ramadan (cette année 1440/2019, le début est fixé pour le 6 mai et la fin pour le 4 juin), c’est pourquoi nous adoptons cette méthode de calcul et la soutenons. Un certain nombre de versets coranique nous permettent de savoir que le calcul, et la détermination à l’avance du mouvement des astres, sont des dispositions auxquelles nous pouvons (devons ?) avoir recours. Ainsi :

« Le soleil et la lune évoluent selon un calcul minutieux » (55, 5) ;

« Fendeur de l’aube, Il a fait de la nuit une phase de repos; Le soleil et la lune pour mesurer le temps avec exactitude. Voilà l’ordre précis conçu par le Puissant, l’Omniscient. » (6,96) ;

« C’est Lui qui a fait du soleil une clarté et de la lune une lumière, et Il en a déterminé les phases avec exactitude afin que vous sachiez le nombre des années et le calcul (du temps). Dieu n’a créé cela qu’en toute vérité. Il expose les signes pour les gens doués de savoir. » (10,5) ;

« Ils t’interrogent sur les nouvelles lunes – Dis : “ Elles servent aux gens pour compter le temps, et aussi pour le pèlerinage“ » (2, 189) ;

« Et la lune, Nous lui avons déterminé des phases jusqu’à ce qu’elle devienne comme la palme vieillie. Le soleil ne peut rattraper la lune, ni la nuit devancer le jour; et chacun vogue dans une orbite » (36, 39-40) ».

Enfin, nous appelons nos sœurs et frères musulmans, en vertu des deux versets suivants, à se référer au Coran en se basant sur la raison : « Nous leur avons, certes, apporté un Livre que Nous avons détaillé, en toute connaissance, à titre de guide et de miséricorde pour les gens qui croient » (7, 52) et « En effet, Nous avons rendu le Coran accessible pour la méditation. Y a-t-il quelqu’un pour réfléchir ? » (54, 17).

Nous vous souhaitons à toutes et à tous, ainsi qu’à nous-mêmes, un excellent mois d’effort, en jeûne, abstinences, méditations, prières et invocations. Le mois de ramadan n’est pas le mois du gâchis alimentaire, ni des nerfs à vif, c’est le mois où l’on doit se rappeler des valeurs fondamentales de l’islam, de l’ouverture aux autres, de la solidarité, du partage, et de la patience. C’est le mois durant lequel les corps doivent se restreindre pour permettre aux âmes et à la vie spirituelle de prendre un surplus de place et de réalité au quotidien.

Et Dieu sait le mieux/Wa Allahu aʿlam

Texte basé sur un article publié initialement sur le site de l’association Parle moi d’islam (http://www.parlemoidislam.com/la-lune-dans-le-coran/), revu et corrigé avec l’autorisation des auteurs, par et pour l’organisation religieuse la Mosquée Fatima. Texte aussi soutenu par l’Association pour la renaissance de l’islam mutazilite.

Attentat terroriste contre les mosquées de Christchurch

« Nous sommes à Dieu, et c’est vers Lui que nous retournons. » C’est la première chose qui nous a traversé l’esprit le vendredi 15 mars dernier, à l’annonce de l’abominable attaque terroriste contre deux mosquées à Christchurch en Nouvelle-Zélande. Attaque qui a coûté la vie à cinquante personnes innocentes.

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Hommage aux Dupont et Dupond de la recherche

Le vendredi 1er février, deux « chercheurs » du CNRS, Sylvie Taussig et Karim Ifrak, ont cru bon de publier un article sur les deux projets de mosquées dites progressistes, libérales, ou inclusives, actuellement à l’étude dans la région parisienne.

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De la mixité et de l’imamat féminin

Au vu des débats actuels, il est bon d’avoir un éclairage sur la question de l’imamat féminin. Quels sont les arguments pour et les arguments contre ? Voici une tentative de présentation générale, mais nous l’espérons, riche d’informations.

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Les fondements du fiqh hanafite

Nous nous sommes aperçu que nous n’avions pas présenter ce qui constitue le fondement de notre approche hanafite-mutazilite comme voie de réalisation de notre islam. Avec ce présent document, nous espérons que ce manque sera comblé.

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Mais au fait, qui était vraiment Mahomet ? d’Ismaël Saidi et Michaël Privot

D’aucun pourrait penser qu’avec Mais au fait, qui était vraiment Mahomet ? d’Ismaël Saidi et Michaël Privot, une énième biographie sur Mahomet, le prophète de l’islam, viendrait d’être publiée (aux éditions Flammarion). Or il n’en n’est rien, car ce livre, outre l’érudition qu’on y trouve en termes d’informations sur la vie de l’initiateur de cette religion, n’hésite pas à aborder tous les aspects de ce personnage que les musulmans ont appris à (trop) idéaliser, alors que lui-même, ainsi que la révélation coranique, n’ont cessé de rappeler sa condition d’homme parmi les hommes. Ce livre entretien, présente sous une forme ludique, celui d’un échange entre un artiste musulman (Ismaël Saidi) et un islamologue lui aussi musulman (Michaël Privot), les aspérités d’une figure de l’histoire universelle qui n’a jamais cessé de rappeler qu’il n’était pas parfait. Ce livre aide à apporter un éclairage salutaire sur la question.

Une sīra “Confessante-Critique“

C’est l’histoire de deux amis, l’un artiste, né et grandit dans une famille musulmane ; l’autre, universitaire, né dans une famille non-musulmane, mais s’étant converti à cette religion et l’ayant étudié sous toutes ses coutures. Deux amis ayant pour point commun leur confession et leur nationalité, Belge. Dans une série d’entretiens qui ont lieu en différents endroits et en différentes occasions, l’artiste interroge l’islamologue sur la vie du Prophète (sīra, en arabe). Son origine, sa naissance, sa vie d’avant l’islam, et celle d’après. Les grands traits de la vie de Mahomet y sont examinés. Certaines idées reçues, bonnes ou mauvaises, y sont questionnées : le Prophète était-il analphabète (ummyy) ? Avant la révélation, était-il réellement un ḥanīf (monothéiste ni juif ni chrétien) ? Et puis si ḥanīf voulait dire ébionite à savoir, justement être un croyant judéo-chrétien ? La question du rapport aux femmes, aux juifs, les épisodes de guerres, de paix, relation avec les autres…toutes les questions ou presque y sont traitées.

Ce livre nous apprend la sīra du Prophète, mais il le fait en se maintenant sur une ligne de crête compliquée. Ainsi, il allie une démarche historico-anthropologique, et approche confessante à la fois. Autrement dit, c’est un livre qui est loin de l’apologétique glorifiante du Prophète dans les livres de type “confessants“, donc d’ouvrages écrits par des croyants. On est beaucoup plus près de l’approche historico-anthropologique, qui prend en compte les données historiques, mais aussi les mœurs et les usages des arabes de la région à l’époque (et dont certains us et coutumes se sont maintenus jusqu’à tout récemment), tout en assumant une parole de croyants. En somme, ce livre est à ranger dans une catégorie particulière de livres, que l’on pourrait dénommer, confessante-critique. Une approche de type « double C » ou C2. Or cette catégorie d’ouvrages est plutôt sélective et commence à peine à se développer. On pourrait y mettre les livres de Mohamed Bajrafil, Mahmud Hussein, Omero Marongiu-Perria, Tareq Oubrou et quelques autres.

Une biographie en contre-discours

Très actif dans le contre-discours, et la sensibilisation sur le fait islamique envers les jeunes musulmans, Ismaël Saidi pose des questions simples, reprend des interrogations de ses amis et des « on dit » sur le Prophète. Des questions que non seulement les jeunes, mais aussi des moins jeunes musulmans, et des non-musulmans  se posent. Ismaël Saidi a écrit et joue une pièce à succès Djihad, à l’adresse des jeunes musulmans pour les sensibiliser au problème de la radicalisation violente (à laquelle il faut rajouter les pièces Géhenne et Les aventures d’un musulman d’ici). En outre, en collaboration avec un autre islamologue de renom, Rachid Benzine, il a écrit toujours à l’adresse des jeunes, Finalement, y a quoi dans le Coran ?. Les questions reprennent souvent des thèmes qui sont souvent mobilisés à des fins pas toujours honnêtes. Les auteurs en sont conscients, c’est pourquoi ils prennent en charge ces questions (rapport à la violence, aux femmes, l’âge de Aïcha lors de son mariage avec la Prophète –où l’on voit qu’à son mariage, elle aurait eu entre 18 et 21 ans-, rapport avec les Juifs de Médine et la question sous-jacente de l’antisémitisme en islam basé sur le comportement supposé du Prophète suite à l’expulsion voire à l’exécution –réelle ?- de tribus juives de l’oasis). Au lieu de taire ces questions comme beaucoup de musulmans le font sous prétexte que le Prophète était parfait ; Ismaël Saidi et Michaël Privot « prennent le taureau par les cornes », et font face à ces questions parfois difficiles. Mais en replaçant la prophétie dans son contexte, ils n’ont aucun problème, grâce à leur approche complémentaire du croyant naïf (à ne pas confondre avec stupide), et du docte bienveillant (à ne pas confondre avec condescendant).

Très informatif, critique par son approche historico-anthropologique, le livre Mais au fait, qui était vraiment Mahomet ? est aussi un ouvrage écrit par des croyants. Ismaël Saidi et Michaël Privot assument leur spiritualité musulmane, ils finissent même par se poser la question, « Et Dieu dans tout ça ? ». Evidemment, nous n’allons pas révélé davantage, mais ce livre réussit la prouesse ô combien compliquée à miracle de rendre compte de la vie d’un homme qui va bouleversé le monde, en le reconnaissant comme porteur d’un message divin, tout en étant ce qu’il n’a cessé de prétendre être, c’est-à-dire un homme parmi les hommes de son temps, avec ses forces et ses faiblesses.

Livre à lire absolument pour se débarrasser de la pensée magique omniprésente dans les ouvrages musulmans et qui, sous prétexte de respect et d’amour, mentent aux croyants et les maintiennent en dehors de réflexions qui peuvent être profondes, condition de possibilité à toute vie spirituelle digne de ce nom.

 

Mais au fait, qui était vraiment Mahomet

 

Mais au fait, qui était vraiment Mahomet ? d’Ismaël Saidi et Michaël Privot Flammarion, 2018, 18€, 337 p.,

 

Le Projet de la Mosquée Fatima

As salāmu aleykom

Nous vous souhaitons à tous un joyeux Mawlid nabawi 1440.

Salle de prière de la mosquée Fatih à Istanbul en Turquie (photo: D.R.)

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La question du mariage mixte en islam

Nous inaugurons ici une nouvelle catégorie qui consiste à répondre à des questions qui nous sont posées sur le groupe Facebook « La voie hanafite (credo mu’tazilite) ». L’une d’elle était la suivante : « Je souhaite connaître la position hanafite sur le mariage mixte. »

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