Mutazilisme

Association pour la renaissance de l'islam mutazilite (ARIM)

Auteur : Sofiane Arab

« Celui d’entre vous qui voit un mal qu’il le change ! »

Voici une petite fiction intéressante pensée et écrite par Sofiane. Une invitation à la méditation…

Il faisait chaud en cette journée du Ramadan, le souk est grouillant des va et vient des acheteurs et rempli de cris des vendeurs aux visages ternes et fatigués par la faim et la soif.

Sheddad (شدّاد) l’étudiant du fiqh effectuait sa tournée de l’après-midi, on l’appelait ainsi, depuis qu’il était étudiant pendant un temps chez un faqih. C’est chez lui qu’il a appris le fiqh et surtout comment l’appliquer, il guettait tout et n’hésite pas à user de son gourdin qu’il transportait partout dans ses tournées d’inspection à la recherche du moindre écart ou manquement aux rites. Il répétait sans cesse un hadith rapporté du Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) « Celui d’entre vous qui voit un mal qu’il le change par sa main. S’il ne peut pas alors par sa langue et s’il ne peut pas alors avec son cœur et ceci est le niveau le plus faible de la foi », Shedad préfère user de sa main et son gourdin, il veut montrer que sa foi est forte.

Dans une allée du marché, là où les vendeurs de sirops proposaient leurs breuvages alléchants, Attar (عطّار) le vendeur de parfum récemment installé dans la ville, négociait le prix d’un pot de sirops de fruit, il prit le pot et sirotant une bonne gorgée. Sheddad qui n’était pas loin derrière, lui a crié « Hé toi l’hérétique, tu oses boire durant le Ramadan ? », et tout de suite un attroupement s’est constitué autour d’Attar, des coups, des cris et des crachas pleuvent sur le pauvre Attar. Mangeur de Ramadan, Fatir (déjeuneur), mécréant (kafir) lui criait la foule. Il y avait, en ses instants, une violence soudaine et ravageuse comme un volcan qui bouillonnait depuis des siècles et qui entre soudainement en éruption, comme-si la soif, la faim et la fatigue de tous les gens de la ville s’est concentrée en une boule de violence contenue et qui s’est abattue sur le coupable désigné. La dernière chose qu’Attar a aperçue était le gourdin de Shedad s’abattant sur lui avant de sombrer dans l’inconscience à moitié mort.

Le cadi Abu Fahmane (أبوفهمان) assis en tailleur lisait le livre d’Abu Nasr Mohamed Al Farabi « les avis des gens de la cité vertueuse ». Il était nommé cadi de la ville depuis trois ans, c’est un cadi ouvert d’esprit et fin connaisseur du fiqh des quatre écoles, il s’intéresse aussi à la philosophie, à Al Mantiq (la logique) et d’autres sciences profanes.

Le bruit de la foule dehors lui parvient aux oreilles, il range précipitamment son livre, dans cette ville les livres de philosophie ne sont pas les bienvenus et un cadi qui s’adonne à cette science risque de se voir réprimé par le sultan ou le wali (gouverneur) de la ville. Arrivés devant la demeure du cadi qui est aussi le tribunal de la ville (Dar al qadha’a), la foule s’immobilisa à sa tête Sheddad gourdin à la main, les cris et les insultes s’élèvent en direction de Attar porté par deux hommes qui le tiennent par les épaules. L’arrivée du cadi impose le silence, Sheddad s’avance et s’incline pour saluer le cadi et explique qu’il a vu de ses propres yeux le monsieur boire un sirop de fruit en plein journée du Ramadan. Le cadi demande à des serviteurs d’emmener Attar à l’intérieur et ordonne à la foule de partir, Sheddad n’avait pas l’air de vouloir partir et demande de juger sur-le-champ le mécréant Attar.

Le cadi déclare alors que le jugement s’effectuera quand le pauvre homme se tiendra sur ses deux pieds et pas avant, il ordonne à ses gardes d’installer Attar dans une chambre et fait appeler le médecin.

Le jour du jugement, la foule est revenue et Sheddad, son gourdin accroché à sa ceinture, est là.

Le Cadi commence par demander le premier témoin, Sheddad, et lui demande de raconter ce qui s’est passé ?

– J’ai vu ce mécréant boire un jus en pleine journée de Ramadan, et je l’ai donc arrêté !

– Et ensuite ?

– Je l’ai frappé de mon gourdin, pour le punir.

– Et pourquoi tu l’as frappé ?

– Je n’ai fait qu’appliquer le hadith de notre prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) « Celui d’entre vous qui voit un mal qu’il le change par sa … ! »

Le Cadi l’arrête et lui demande, et tu as changé quoi ?

Sheddad se montre confus, et dit que boire pendant le jeûne du Ramadan est une transgression grave et mérite châtiment.

Le cadi explique alors, à Sheddad que la décision de punir ne lui appartient pas, et qu’il a mal agi et que ce qu’il a fait mérite punition.

Le cadi appelle ensuite Attar et lui demande pourquoi il a bu hier après-midi en pleine journée du Ramadan ?

– J’avais soif et j’ai acheté un sirop de fruit pour boire !

– tu ne fais pas le Ramadan ?

– Je suis chrétien, répond Attar

Le cadi s’excuse auprès d’Attar, et lui attribue dix pièces d’or en guise de réparation, et il prononce une amande de vingt dinars que Sheddad devra verser à Attar et vingt coups de fouets en public à l’encontre de Sheddad.

Deux semaines plus-tard, Attar fu assassiné, le cadi démis de ses fonctions et envoyé en exil. Sheddad triomphe et la foule avec lui, ils vécurent dans la misère et l’ignorance pendant des siècles et des siècles !

Fatwa, imam, fiqh, ses armes d’abêtissement massif !

Il suffit d’une fatwa pour ordonner la mort, une seule fatwa pour mettre une vie en danger et plus grave encore, une seule fatwa pour assassiner la raison et l’intelligence !

La fatwa devient alors la porte qui sépare l’humain de l’inhumain, sa clé est détenue par de prétentieux oulémas hissés au rang de savants tels des bergers qui mènent des troupeaux d’ignares qui suivent à la lettre ce qu’ordonnent le maître.

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Le mutant perché

Le mutant perché

Le mutant scrutant le perché caché et disait si ce n’est pas un péché, ça serait du moins entaché, le perché détaché disait que ce ne sont que des clichés d’un mutant réfutant, le mutant doutant voulait essayer de s’élever au niveau du perché haut perché. « Oh c’est électrocutant et je ne suis qu’un débutant », disait le mutant.

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Je suis un éternel enfant !

Je suis un éternel enfant !

L’idée me vient et spontanément je l’exprime, sans calculs, sans tenir compte des us et coutumes, sans égards pour les normes. L’idée me vient et spontanément je l’exprime sans trahir, sans mentir, sans aucune ruse.

Je suis un éternel enfant !

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L’eau stagnante et l’eau courante

L’eau stagnante et l’eau courante

L’eau c’est la vie, mais pas n’importe quelle eau. Il faudrait éviter l’eau stagnante mal oxygénée et où les moustiques et autres insectes nuisibles pullulent. Quant à l’eau courante, qui change de lieux, s’oxygène en permanence et se charge de minéraux très utiles à la vie, elle est bonne à boire et porte en elle le secret de la vie.

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Recueil poétique (2/2)

Le désir et la crainte sont les deux ailes de la foi,
Un oiseau peut-il voler sans ses ailes vers toi ?
Ma foi n’est ni un oiseau, ni loin de toi pour qu’elle puisse voler vers toi,
Gloire à moi, Je suis toi – tu es moi. L’amour est ma croyance et ma foi,
Bistami l’a invoquée, Al Hallaj l’a évoquée et Ibn Arabi l’a formulée pour toi,
Rabia Al Adawiyya avait raison puisqu’elle t’aime deux fois,
Pour toi et pour toi. Gloire à toi, gloire à toi.

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Recueil poétique (1/2)

Un ange a lu dans mon cœur, il me suit pour m’attraper, je le fuis
Il n’a pas cessé de me suivre, je n’ai pas cessé de fuir
Fuir, fuir, … mais où fuir ?
Il s’est arrêté, il m’a dit : j’ai un message à te donner
Il m’a donné un livre écrit à l’encre céleste
« Dans ton cœur, se trouve une lumière, la lumière est dans une lampe, la lampe est dans un cristal où s’illumine une huile d’un arbre béni qui est ni d’Orient ni d’Occident ni de toute autre direction, où tu fuiras c’est vers lui que tu iras »
L’ange a dit : Allah guide vers Sa lumière qui Il veut.
Je me suis retrouvé au Mont Sinaï, j’ai regardé en bas j’ai vu tous mes soucis, mes péchés. J’ai levé mon œil au ciel, la lumière m’a enveloppé, m’a aspiré, et j’ai disparu !

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Invocation | مناجاة

Invocation

Ta beauté est manifestée dans l’univers entier
Et Ta miséricorde englobe toute chose
Tu es L’Un et nul autre
Tu es le Premier et Le Dernier
Ô Très Miséricordieux, ô Tout Miséricordieux
Tu es Le Dominateur, Le tout Puissant
Tu es Celui qui donne et Qui retient
Tu es Le Sublime, L’infiniment Grand
Lumière sur Lumière
Ô Allah guide-moi vers Ta Lumière
Louanges à Toi, ô Allah

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