Nous sommes heureux de vous présenter dans notre nouvelle identité visuelle. Le dessin que vous pouvez voir sur notre logo est inspiré de la calligraphie koufique (caractérisée par sa forme très carrée). Il s’agit du plus ancien style calligraphique développé à Kufa en Irak. Ses formes géométriques rappellent notre attachement à la raison et au discernement pour faire nos choix spirituels.


On peut lire dans ce carré les lettres arabes qui composent le mot « al-Mu’tazila » (المعتزلة). Les espaces entre les lettres forment également une sorte de labyrinthe dont la sortie est ponctuée d’un lotus aux formes plus arrondies et plus douces. Sa fonction est de rappeler notre objectif essentiel au sein de l’ARIM : allier l’intelligence de l’esprit (raison) et celle du cœur (connaissance intuitive et spirituelle du divin). Nous ne voulons surtout pas tomber dans un rationalisme trop froid et stérile, ou servir un discours qui serait trop abstrait et conceptuel, voire élitiste.

Le lotus nous paraît bien incarner cette fonction. En effet, cette plante est citée dans le Coran (Coran, LIII « al-Najm », 14) : « auprès du Lotus de la Limite (sidrat al-muntaha) » (désignant un arbre céleste situé au 7e ciel). Ce passage fait référence à l’étape ultime du voyage nocturne suivie de l’ascension (isrâ’ wa mir’âj) de Muhammad.

Insister sur ces versets mystiques permet de rappeler que notre quête réside dans la connaissance de Dieu (gnose) et de commémorer la manière dont notre Prophète a été inspiré intuitivement pour « toucher du doigt » le divin.

Le lotus fait également partie des grandes images archétypales de la spiritualité. En sanskrit, il est surnommé pankaja (né dans la boue). Le symbole du lotus évoque la conscience que toute vie, enracinée dans la fange, peut croître en s’élevant à travers un milieu fluide et changeant. La fange et la fluidité symbolisent les qualités de la nature. La fleur incarne la gamme des qualités subtiles et le rayonnement de l’esprit. Le lotus incarne très bien les contraires : tout en vivant dans la boue, dans le monde où tout naît et meurt, il n’est pourtant pas séparé des cieux et du divin.

Enfin, la couleur violette a aussi un sens pour nous puisqu’elle fut utilisée sur les bannières des émirs aghlabides d’Ifriqiya (Tunisie actuelle) (800-909) qui avaient adopté le mutazilisme dès 833. Cette couleur, comme le lotus, réunit les opposés : le rouge et le bleu. Elle incarne le rouge de la passion équilibré par le bleu de la raison, le réel par l’idéal, l’amour par la sagesse ou encore la terre par les cieux*.

* Ces réflexions sur les symboles proviennent du « Livre des symboles. Réflexions sur des images archétypales » d’Ami Ronnberg et Kathleen Martin, Köln, Taschen, 2011.